@
17 août 2018

POLAK ÉCRIT UNE PAGE D’HISTOIRE TOUT EN GARDANT LES ROUGH RIDERS RENTABLE

Jo-Anne Polak a accepté un poste, ce qui représentait un moment historique, mais ignorait qu’elle écrivait une page d’histoire.

Elle a été nommée la directrice générale des Rough Riders d’Ottawa en décembre 1988. Les Alouettes de Montréal venaient de fermer leurs portes un an et demi auparavant et les Rough Riders souffraient de problèmes financiers eux aussi.

« Nous étions déjà à seulement huit équipes et nous étions très inquiets que si nous perdions une autre équipe, la ligue ne pourrait pas s’en remettre, » Polak explique par téléphone d’Ottawa, où elle occupe le poste de vice-présidente des communications avec Postes Canada. Elle explique aussi rapidement qu’elle est détentrice de billets de saison du ROUGE et NOIR.

« Nous avions perdu notre contrat avec CTV. Nous vivions de jour de paie en jour de paie, de façon précaire. Le plus grand défi était de trouver une façon de faire face à nos obligations concernant la paie le jour suivant les matchs à 15h. Il y avait plusieurs matchs ou je me demandais comment nous allions payer tout le monde. C’est ça qui était le plus difficile.

Il y avait plusieurs bons moments aussi. La première cadre supérieure de la LCF et la première directrice générale d’une équipe sportive en Amérique du Nord, Polak explique qu’elle ne pensait pas au fait qu’elle était la seule femme dans la salle lorsqu’elle a commencé son nouvel emploi.

« Honnêtement, lorsque j’y pense maintenant, je n’avais que 29 ans. Je ne pense pas que les gens autour de moi savaient que je n’avais que 29 ans, ce qui en dit peu de ma routine de beauté, mais d’être une femme était une chose. De n’avoir que 29 ans en est une autre, » explique-t-elle.

« De diriger une franchise en difficulté est encore autre chose. Je pense que beaucoup de gens étaient derrière moi et m’encourageaient. »

« Je devais me présenter avec l’attitude que ‘Je suis jeune, nouvelle et recrue et je n’ai rien à prouver’, » dit-elle.

Elle nomme des légendes de la LCF comme ses paires de cette ère. Angelo Mosca, John Candy, Norm Kwong, Hugh Campbell, Cal Murphy, Ralph Sazio, Bob O’Billovich, Don Matthews. Wally Buono, qui était encore en début de carrière au cadre supérieur.

« Difficile, impossible même, de se faire accepter sans faire ses preuves dans cette culture, dans la culture du sport professionnel. Je pense qu’ils ont commencé à m’accepter, chaleureusement même, au cours des années après que la franchise se soit stabilisée et que nous avions du succès. »

Les leçons qu’elle a apprises au cours de cette expérience de trois ans sont celles qu’elle a partagées avec des gens tout au long de sa carrière, dans et à l’extérieur du monde du sport.

« Si vous vous présentez avec l’attitude de ‘vous devez m’accepter, vous devez accepter cette femme’, ce n’est pas l’approche, peu importe la situation, » dit-elle.

« Avec des gens comme ça, qui sont des légendes et qui ont connu du succès pendant des années, vous vous présentez dans cette salle avec de l’appréciation, et l’admiration qu’ils méritent. Après un certain temps, tout le monde oublie que tu es une femme et que tu représentes une autre équipe et qu’ils sont en compétition contre toi. »

Nouveau dans son rôle comme DG, Polak a trouvé qu’elle pouvait se tourner vers ses collègues autour de la ligue lorsqu’elle avait besoin de conseils.

« Il y avait une situation particulièrement difficile et je me souviens que je ne savais pas vers qui me tourner et j’ai appelé Hugh Campbell et je lui ai dit : ‘Je ne sais pas quoi faire, je suis perdue’. Il a été si généreux avec moi, » explique-t-elle.

Elle se souvient d’une réunion querelleuse portant sur le calendrier et Bob O’Billovich lui disant qu’elle devait tenir son bout et ne rien donner.

« Il y a eu plusieurs moments comme celui-là,” dit-elle. « En fin de compte, nous étions tous ensemble et voulions tous voir la LCF survivre et prospérer. Chacun devait s’occuper de son équipe et vivait des situations très, très difficiles. »

Lorsqu’elle rencontre un jeune aspirant, elle lui offre un conseil important.

« Dans le monde du sport professionnel, tu dois être capable de contribuer. Tu ne peux pas simplement arriver et dire, ‘Je suis une femme et vous devez m’accepter’, explique-t-elle en faisant référence à son passé dans le monde du marketing et des affaires qui a ouvert la porte avec les Rough Riders.

« Tu dois te présenter avec les aptitudes requises et ensuite tu dois surpasser les autres dans l’exécution des tâches. »

Même si elle était au même niveau que ses confrères, la pression de garder son équipe à flot tout en s’inquiétant de l’avenir de la ligue était quelque chose qu’elle n’avait jamais ressenti.

« Je ne voulais pas que ce soit une femme qui était à la barre de l’équipe si elle fermait ses portes. Je ne pourrais pas m’en remettre, » dit-elle. « Étant la première femme, je ressentais la pression, car je pensais que si quelque chose de négatif se passait, je serais associée à jamais avec un échec de cette taille, ce serait insupportable pour moi. »

« Mon histoire est complètement différente de celle que les gens présument. »

Polak a démissionné de son poste de DG en novembre 1991. Le football à Ottawa a passé de durs moments pendant les années 90s et l’équipe a fermé ses portes suivant la saison 1996. À cette époque, les équipes d’expansion aux États-Unis venaient de terminer leur association avec la LCF ce qui a ouvert la porte pour le retour des Alouettes de Montréal, qui sont devenus la huitième équipe du circuit. Ottawa a vu l’arrivée des Renegades en 2002 et leur départ en 2005 avant que le ROUGE et NOIR soit établi en 2014.

« Ça demeure un des plus grands privilèges de ma vie, » explique-t-elle, « de pouvoir servir la Ligue canadienne de football et les partisans d’Ottawa.”