2 mars 2020

Antoine Pruneau : Le joueur

Winnipeg Bluebombers vs Ottawa REDBLACKS July 5, 2019 PHOTO: Andre Ringuette/Freestyle Photography

Antoine Pruneau a été une pièce maîtresse du ROUGE et NOIR d’Ottawa depuis le tout premier jour, tant sur le terrain qu’en dehors. Ce mois-ci, nous allons voir ce que sa présence a signifié pour l’équipe et la ville dans cette série en trois parties, en commençant par un regard sur les réalisations de Pruneau sur le terrain. Restez à l’affût pour Pruneau : Le leader et Pruneau : Le francophone.

Antoine Pruneau est en retard pour cette entrevue, ce dont il s’excuse abondamment dès son arrivée.

Il s’avère que le vétéran de la défense du ROUGE et NOIR a rencontré le nouvel entraîneur Paul LaPolice sur le chemin du gymnase au restaurant et il semblerait que le devoir l’appelle déjà.

« Je suis tellement excité pour cette année que chaque conversation que j’ai avec quelqu’un me rend plus enthousiaste », déclare le Montréalais et premier joueur du ROUGE et NOIR, repêché avant la saison inaugurale du club en 2014. « Marcel a fait un excellent travail en recrutant, à commencer par LaPo. Je veux dire, réussir à signer Nick Arbuckle ? C’est énorme. Nous sommes tous prêts à commencer. »

C’est en raison d’une main et d’une jambe cassées, qu’il a souffert à différents moments la saison dernière, ce qui l’a limité à seulement neuf matchs, le plus bas de sa carrière, dans une campagne 2019 difficile pour son club.

« Évidemment, c’était nul de ne pas pouvoir jouer, mais maintenant que je suis en bonne santé, je me sens vraiment bien », dit-il entre deux bouchées de poulet. « Honnêtement, je ne me suis jamais senti aussi bien qu’à cette période de ma carrière. J’ai l’impression que je pourrais jouer encore 10 autres saisons. »

En parlant à ce jeune homme de 30 ans, il est difficile de douter de ses paroles, même si le style de jeu avec lequel il s’est fait un nom pourrait faire de lui une légende s’il arrive à jouer jusqu’à 40 ans. Mais la ténacité de Pruneau est aussi une légende à la Place TD, où la RNation l’a vu à maintes reprises se secouer après une collision pour ensuite s’aligner et livrer un autre grand jeu.

« Je ne sais pas comment faire autrement », dit l’ancien des Carabins de Montréal. « On ne peut pas jouer avec la peur de se blesser, parce que c’est là que vous allez vous blesser. C’est un sport physique, vous allez vous blesser. Il s’agit de savoir comment vous allez vous en sortir ».

Le simple fait que Pruneau est en bonne santé et se sent aussi bien devrait faire peur à beaucoup d’équipes adverses. Non seulement lui et ses coéquipiers sont plus affamés que jamais à l’approche de la saison 2020, mais Pruneau va se retrouver au milieu d’une défense plus dangereuse que jamais.

Devant Pruneau, se trouve un groupe de soutien composé des vétérans Jerrod Fernandez, Avery Williams et Kevin Brown, et renforcé par l’ajout du vétéran Don Unamba. Devant eux, Cleyon Laing aidera à ancrer une ligne défensive qui comprend également Danny Mason, Avery Ellis, Mike Wakefield et Ettore Lattanzio. Le joueur défensif et héro de la Coupe Grey d’Ottawa Abdul Kanneh est de retour en ville, tandis que Randall Evans, Sherrod Baltimore et De’Chavon Hayes sont tous dans l’équation.

Dans ce genre de groupe, avec Pruneau en plein milieu, le nouveau coordonnateur défensif Mike Benevides doit être très impatient de commencer le travail. Bien qu’il n’ait pas encore entraîné Pruneau, Benevides a une bonne idée de ce qu’il va obtenir de son joueur.

« C’est un ROUGE et NOIR depuis le tout début et il est tout ce que représente le club. Ça coule dans ses veines », dit Benevides. « Je sais que depuis le premier jour dans cette ligue, Antoine est un meneur de jeu qui a toujours été à la hauteur. C’est un champion et j’ai hâte de commencer ce chapitre avec lui au milieu de notre groupe, en montrant l’exemple chaque jour. »

Pruneau partage cet enthousiasme. Il a peut-être quelques années de plus que la recrue au visage de bébé qui est venue au camp en 2014, mais son énergie de jeunesse et son enthousiasme pour le jeu n’ont fait que croître.  Il est maintenant prêt à retourner sur le terrain pour faire ce qu’il fait de mieux. C’est-à-dire frapper et, de manière générale, rendre la vie difficile aux joueurs adverses, une compétence qui lui a permis d’accumuler 321 plaqués défensifs, quatre sacs, neuf interceptions et quatre pertes de ballon forcés en 93 matchs en carrière. En 2016, en tant que joueur de troisième année, il a effectué quatre plaqués et deux autres sur les unités spéciales et a permis au ROUGE et NOIR de remporté la Coupe Grey pour la première fois en 40 ans.

Après la victoire, Pruneau a apporté la Coupe partout avec lui, y compris dans un bar karaoké de Montréal.

« je voulais juste que tout le monde en ait une part », dit-il. « Les gens m’ont aidé à en arriver là, alors je voulais juste fêter ça avec tout le monde ».

Quelques années plus tard – dont une autre participation à la Coupe Grey – et Pruneau est prêt à retrouver cette gloire et à mettre une année difficile derrière lui. En plus d’être en bonne santé et reposé, il est également prêt à devenir papa pour la première fois en mars avec sa partenaire Laurence. Le couple attend un fils.

« Le football, c’est une chose, mais je suis nerveux et très excité », dit-il en ajoutant le titre de « papa » à la liste de ses réalisations dans la vie. « Beaucoup de gars de l’équipe ont eu des enfants ou attendent un enfant, alors nous pouvons tous nous entraider. »

Sa vie ayant changé à la maison, son rôle sur le terrain sera plus conforme à ce que tout le monde attend de l’homme que ses coéquipiers appellent « Pru ». C’est-à-dire un jeu physique incessant, un leadership et un mentorat pour les jeunes joueurs, en particulier les autres francophones.