@
30 mai 2017

Les habiletés de Shaw offrent un atout important au ROUGE et NOIR

Chris Hofley/ROUGE et NOIR d'Ottawa

OTTAWA – Il n’est peut-être pas Chris Williams ou Ernest Jackson, mais il n’y a aucune raison de croire que Kenny Shaw ne pourra pas connaître autant de succès que ses prédécesseurs à Ottawa.

Shaw, 25 ans, et son coéquipier de l’époque chez les Argonauts, Diontae Spencer, ont tous les deux signé un contrat en tant que joueurs autonomes avec le ROUGE et NOIR en février dernier. Ils auront la responsabilité de remplacer les receveurs d’Ottawa ayant quitté le club au cours de l’hiver, mais ils possèdent, chacun, des habiletés différentes.

Alors que Williams est réputé pour sa vitesse et que Jackson est reconnu pour sa fiabilité – il n’échappe quasi aucune passe –, Shaw est renommé pour sa capacité à courir les tracés.

« Kenny est exceptionnel quand vient le temps de parcourir un tracé », a confié le quart-arrière Trevor Harris. « Peu de joueurs, dans la Ligue, sont capables de se démarquer de leur couvreur uniquement en courant leur tracé, mais lui en est capable. Heureusement, nous trouverons de nombreuses façons d’exploiter cette habileté cette année. »

« Il fait tout plutôt bien », a ajouté le directeur général Marcel Desjardins. « Il réussit de beaux attrapés, il court bien ses tracés, il est rapide, il est capable de retourner des ballons… Certains joueurs plus petits ne sont pas toujours intéressés à courir vers l’intérieur du terrain pour réussir les attrapés difficiles. Lui, ça ne le dérange vraiment pas. »

Kenny Shaw a les yeux rivés sur le ballon lors d’une partie de la saison 2016 (John Sokolowski/Argonauts.ca)

Mais la véritable force de Shaw, cependant, est son habileté à courir des tracés. À Orlando, où il a grandi, il s’est entraîné avec le respecté Tom Shaw, qui a autrefois entraîné 11 joueurs par excellence du Super Bowl. À l’école secondaire, il était déjà opposé à des demis de coin professionnels comme Ike Taylor et Tony Carter.

À Toronto, il a eu la chance de travailler avec Scott Milanovich, dont les stratégies offensives comportent une précision méticuleuse, surtout en ce qui a trait aux receveurs et à leurs tracés.

Avec les Argonauts, après une saison au sein de l’équipe d’entraînement, Shaw a dû obtenir le respect et la confiance de Milanovich.

« Je pensais qu’il me détestait », a dit Shaw. « Pendant ma saison sur l’équipe d’entraînement, je croyais que chaque jour était mon dernier – mais c’est comme ça au sein de l’équipe d’entraînement, puisque tu peux plier bagage n’importe quand. À un certain point, je me souviens que Scott ne m’a pas adressé la parole pendant deux ou trois semaines. Mais il est ce type de personne. À ma deuxième année, il me parlait plus souvent, et on faisait des blagues ensemble. Aujourd’hui, nous sommes près l’un de l’autre. »

Avant de quitter son poste d’entraîneur-chef et d’accepter un emploi avec les Jaguars de Jacksonville dans la NFL, et alors que Shaw était toujours un membre des Argos, Milanovich avait discuté de ses attentes élevées envers le receveur de troisième année. Milanovich soutenait alors que Shaw avait le potentiel pour devenir l’un des meilleurs receveurs du circuit.

Kenny Shaw a enfilé l’uniforme du ROUGE et NOIR pour une première fois en mars (Johany Jutras/LCF.ca)

En 2016, Shaw a mené les Argos avec 1004 verges et cinq touchés en 77 attrapés. Et si Milanovich n’avait pas démissionné, Shaw serait peut-être encore un membre des Argos à l’heure actuelle. L’entraîneur-chef des Torontois a quitté le navire peu de temps après que le directeur général de l’époque, Jim Barker, ait été congédié.

Shaw et Spencer ont tous les deux mentionné que l’incertitude créée par le fait de ne pas avoir d’entraîneur-chef et de directeur général lors de l’ouverture du marché des joueurs autonomes a joué un rôle important dans leur décision de s’entendre avec le ROUGE et NOIR. Le fait qu’il y allait inévitablement y avoir des changements en attaque, à la suite d’une saison de 5-13, a également influencé leur décision.

Certaines soutenaient que Shaw et les Argos étaient tout près d’en venir à une entente à quelques heures de l’ouverture du marché des joueurs autonomes. Cependant, le tout ne s’est jamais concrétisé.

« J’ai aimé les joueurs avec qui j’ai joué – même si la saison ne s’est pas déroulée comme nous l’avions espéré », a dit Shaw. « Mais ne sachant pas s’ils allaient être de retour, je me suis dit que je devais être ouvert d’esprit, et j’ai parlé à mon agent. Il m’a alors suggéré de tester le marché, et ç’a joué en ma faveur. »

« Ne pas avoir d’entraîneur laisse plusieurs questions en suspens », a pour sa part commenté Spencer. « Cette situation a vraiment joué un rôle important, et je voulais me retrouver dans une équipe où j’allais être plus à l’aise. »

Spencer et Shaw soulignent qu’ils n’avaient eu aucune discussion à propos du fait de signer tous les deux un contrat avec le ROUGE et NOIR – c’est tout simplement arrivé. Par contre, ce n’est peut-être pas le fruit du hasard.

Les deux jeunes hommes savaient qu’Ottawa était un endroit où ils allaient être confortables. Il y avait une certaine familiarité avec le coordonnateur offensif Jaime Elizondo, qui était responsable des receveurs, à Toronto, avant de se joindre au ROUGE et NOIR en 2016. Ils se souvenaient aussi des partisans ottaviens, qu’ils admiraient chaque fois que les Argos étaient de passage dans la capitale nationale.

Et, évidemment, ils avaient tous les deux déjà capté des passes de Trevor Harris, lorsque les trois évoluaient à Toronto.

« Je suis particulièrement fier quand je sais qu’un quart-arrière va voir son entraîneur pour lui dire : ‘’Je sais que Kenny sera démarqué.’’ »

Kenny Shaw

Shaw aura de grands souliers à chausser à la suite du départ d’Ernest Jackson et de Chris Williams (Adam Gagnon/LCF.ca)

En Spencer, Harris voit un receveur qui peut transformer un petit jeu en gain plus qu’appréciable.

« Lorsqu’il se démarque, il est capable d’appuyer sur l’accélérateur et de gagner une soixantaine de verges simplement grâce à un court tracé », a dit Harris.

Et Shaw, de son côté, permet à son quart-arrière savoir qu’il y aura au moins un receveur de démarquer, cette année, à Ottawa.

« Je suis particulièrement fier quand je sais qu’un quart-arrière va voir son entraîneur pour lui dire : ‘’Je sais que Kenny sera démarqué’’ », a dit Shaw.

Remplacer le joueur par excellence de la division Est et le receveur le plus rapide de la LCF ne sera pas facile. Mais Shaw et Spencer ne voient pas les choses de cette façon. Ils pensent plutôt apporter quelque chose de différent au ROUGE et NOIR.

« Ce sont d’excellents joueurs, et leur départ fait partie du sport professionnel », a dit Shaw. « Tu dois être prêt à prendre la relève. En fait, je crois que j’étais plus nerveux d’effectuer mon premier départ avec Toronto. Et les choses se sont bien déroulées pour moi. »

« J’apporte quelque chose de nouveau. Je suis un receveur différent. »