16 septembre 2017

ROUGE et NOIR : Drew Tate se doit de briller

OTTAWA – Le quart Drew Tate semblait s’amuser gentiment avec la situation qui se présente à lui. Celle de remplacer Trevor Harris. Cette semaine, il faisait des heures supplémentaires, lors de l’entraînement du ROUGE et NOIR, lui qui est habitué de servir l’équipe au poste de quart réserviste. Beaucoup de répétitions de jeux, plus d’étirements et plus de temps consacré aux médias.

« Voilà pourquoi j’ai toujours préféré être en arrière-plan », blague-t-il. « J’arrive sur le terrain, je lance quelques ballons, je m’amuse un peu avec mes coéquipiers et après je quitte, c’est ça? C’est le style du réserviste. »

Bien qu’il fut un temps où Tate était promis à une belle carrière de quart partant, il a joué les seconds violons depuis plusieurs années. Voilà pourquoi il s’y est habitué. Maintenant, le rôle qu’il aurait dû avoir, s’il n’avait pas subi des blessures successives, sera à sa portée, ce dimanche, face aux Alouettes de Montréal, et nous pourrons voir s’il sera bel et bien à la hauteur.

Cette semaine, le ROUGE et NOIR se prépare pour un affrontement important contre les Als, au stade Percival-Molson. Tate, le joueur de 32 ans et vétéran de neuf saisons dans la Ligue canadienne de football (LCF), était, comme à son habitude, très détendu, lors de son entrevue téléphonique. Bien qu’il soit détendu, il est, toutefois, tout aussi concentré sur la tâche à venir. Il était heureux de répondre aux questions au sujet de son départ comme quart de son équipe, en remplacement de Trevor Harris, lui qui souffre d’une blessure à l’épaule et qui sera sur la touche pour quelques semaines.

« L’entraînement et la préparation se passent très bien », explique Tate, admettant tout de même que les choses n’étaient pas parfaites, mais en restant sûr que tout allait rentrer dans l’ordre d’ici le botté d’envoi de dimanche, à Montréal.

« J’ai très hâte de relever ce défi. J’attends la partie de dimanche avec impatience. » – Drew Tate

Tate est à sa première année avec le ROUGE et NOIR, lui qui était avec les Stampeders de Calgary l’an dernier. Il a été acquis dans le but de servir de police d’assurance au cas où Harris se blesserait.

C’est le cas présentement et ce sera à Tate de démontrer à son organisation qu’elle a fait le bon choix en l’acquérant. Tate arrive dans une attaque qui a vu Harris cumuler les bonnes statistiques, même si cesdites statistiques ne se sont pas toujours transformées en victoires, cette saison.

Beaucoup de questions entourant les champions défendant de la Coupe Grey 2016 semblent trouver des réponses, ces derniers temps. Toutefois, si Tate n’est pas en mesure de poursuivre sur la lancée du ROUGE et NOIR, les réponses trouvées s’estomperont.

La pression est, bien sûr, au rendez-vous. Ottawa ne peut se permettre de laisser passer des occasions de mettre des points au classement de la division Est pendant que Harris panse sa blessure. Le quart vedette du ROUGE et NOIR sera probablement absent pour au moins six semaines. Tate se devra d’agir davantage comme un quart partant et non pas comme un simple réserviste. Il devra briller.

« Je me sens confiant et confortable vis-à-vis de ce qui s’en vient. Je suis très conscient qu’il faudra que je sois plus qu’à la hauteur de la tâche qui s’offre à moi. » – Drew Tate

« Mais, pour être franc, je ne veux pas trop parler de la rencontre de dimanche. J’y vais au jour le jour. »

Est-ce que Tate sera à la hauteur du défi qui s’offre à lui? Lui qui n’a pas passé beaucoup de temps sur le terrain cette saison. Et non seulement cette saison, mais lors des trois dernières années avec les Stampeders, il n’a pas vu beaucoup d’action derrière le partant Bo Levi Mitchell. Mais il y a beaucoup d’optimisme, chez le ROUGE et NOIR, entourant le départ de Tate, et ce, autant de l’ancien quart-arrière de la formation que d’un receveur vedette de la présente édition de l’équipe de la capitale nationale.

« Je pressens qu’il fera de belles choses pour l’organisation puisqu’il se comporte extrêmement bien lors des entraînements, cette année », explique l’ex-quart d’Ottawa et maintenant analyste à TSN, Henry Burris. « Il détient toutes les habiletés physiques nécessaires afin d’accomplir le travail. De plus, il a énormément de leadership et il est également mentalement performant. »

« Je ne crois pas que nous régressons avec Tate dans la formation partante », affirme le receveur Brad Sinopoli qui, malgré tout, trouve dommage d’avoir perdu Harris qui était littéralement en feu. Mais Sinopoli a foi en Drew Tate, et ce, autant sur le terrain qu’à l’extérieur. Les deux joueurs étaient des coéquipiers à Calgary et le receveur fut très heureux de le voir débarquer à Ottawa, lors de la saison morte.

« C’est un gars super! », dit-il, avec enthousiasme. Il explique également que Tate l’a beaucoup aidé lors de son année recrue, alors qu’il était quart-arrière, avant de faire la transition comme receveur avec les Stamps. « Il est très terre à terre et il est aussi un très bon ami. Très heureux de l’avoir dans l’équipe. Ça ne lui a pas pris de temps pour s’intégrer au groupe. Il est déjà un leader dans le vestiaire. »

Dans le vestiaire, son leadership s’est fait entendre, mais sur le terrain, ce fut un peu plus long. Après huit ans avec Calgary, il devait apprendre une nouvelle façon de lire les jeux avec sa nouvelle formation. Et ça n’a pas toujours été facile.

« Je m’en suis rendu compte très rapidement, lors du camp d’entraînement », explique Tate, se remémorant sa première journée. « Je faisais mes jeux, lançait le ballon et on me disait, Mais que fais-tu? Ce n’est pas de cette façon que nous travaillons. »

Après plus d’une demi-saison d’entraînement sous la ceinture avec sa nouvelle équipe et un peu d’action la semaine dernière, Tate est plus confortable.

« Il n’y a rien de mieux que de jouer », dit-il

Quelques anicroches sont survenues lorsqu’il est venu en relève à Harris face à Hamilton. Par exemple, ses appels de jeux n’étaient pas faits de la même manière que Harris, mais ce « problème » a été résolu dès la première séquence à l’attaque.

Autant Sinopoli que Tate sont d’accord pour dire que l’attaque d’Ottawa ne devrait pas trop souffrir du changement de quart-arrière.

« Notre système de jeu est très facile à absorber pour les quarts », affirme Sinopoli. « C’est différent pour Drew, alors qu’il arrive de Calgary, où il a passé tant d’années, mais puisque notre système de jeu est tellement simple à comprendre et, en plus, que Drew est ce qu’il est, je crois vraiment qu’il sera bon dimanche. »

« Sur papier, je sens que je suis à la bonne place », dit Tate. « Maintenant, ce sera de transposer le tout sur le terrain. Dommage que la partie ne se déroule pas sur du papier, pas vrai? », rigole-t-il. « Mais je serai prêt à jouer dimanche. »

Alors que le ROUGE et NOIR se faisait devancer par les Tiger-Cats, samedi soir dernier, Tate, faisait ce qu’il fait toujours, c’est-à-dire, être sur les lignes de côté et tenir le ballon lors des bottés de placement de Brett Maher. Son utilisation sporadique s’est vue chamboulée lorsque Trevor Harris s’est blessé à l’épaule droite, après s’être fait plaquer durement par le joueur de ligne défensive des Ticats Davon Coleman, à la Place TD. Sans crier gare, Tate était sur le terrain et lançait sa première passe de la saison dans un match des siens. Il a terminé la partie en complétant huit de ses 13 passes pour 114 verges de gain et un touché. Une belle longue passe en direction de Joshua Stangby, profondément dans la zone des buts de Hamilton.

Ceci nous a rappelé que Tate possédait de grands talents et qu’ils étaient perçus, jadis, comme le quart partant, à Calgary, avant qu’il ne succombe à une série de blessures et qu’il se fasse voler sa place par le jeune Mitchell.

« Les joueurs peuvent facilement s’identifier à Drew parce qu’il a vécu beaucoup de hauts et de bas et qu’il est toujours là, malgré tout », dit Burris. « Il a connu des déceptions, mais il est toujours revenu en force. Il est tellement travaillant. »

« Il est un fier compétiteur », poursuit Burris. « Il pourrait défoncer un mur de briques s’il devait le faire, dans le but de voir son équipe gagner. »

Sinopoli croit aussi en la résilience de son ami. Pour lui, la capacité de Tate de devoir performer au pied levé est évidente. La partie contre Hamilton l’a prouvé. « Il a été jeté dans le feu de l’action et il a livré la marchandise. Vous ne verrez pas ça souvent chez un joueur de la LCF », explique-t-il.

« Il est simplement un de ces joueurs qui est toujours prêt. »

Cela fait très longtemps que Drew Tate n’a pas été le quart partant de sa formation, le leader incontesté de son équipe. Telle était sa destinée à Calgary.

Maintenant qu’il est à Ottawa, il aura l’occasion de démontrer tout ce qu’il aurait pu faire s’il n’avait pas souffert de tant de malchance, dans le passé.

Et le ROUGE et NOIR a certainement besoin de voir son quart réserviste devenir le quart partant qu’il aurait dû être.