16 juillet 2020

Burris boucle la boucle avec son admission au Temple de la renommée

TORONTO – À certains moments au cours des cinq derniers mois, Nicole Burris admet qu’il aurait été parfois plus facile de tout simplement révéler à son mari le secret qu’elle et les autres membres de la famille Burris connaissaient déjà.

En février, Nicole avait été contactée par la Ligue canadienne de football (LCF) et par le Temple de la renommée du football canadien pour lui dire que son mari Henry ferait partie de la cuvée 2020. Généralement, les nouveaux membres sont contactés directement par Mark DeNobile, le directeur général du Temple.

Mais à la suite d’une carrière de 18 ans dans la LCF, au cours de laquelle il a cumulé 57 968 verges par la passe, 340 passes de touché, trois bagues de la Coupe Grey et deux trophées remis au joueur par excellence du circuit, Burris méritait quelque chose d’unique. C’est pourquoi Nicole a su avant Henry que ce dernier serait admis au Temple. En échange de ce renseignement, son aide serait requise.

Le plan original était que Nicole devait convaincre Henry de voyager d’Ottawa – leur lieu de résidence – à Toronto quelques jours après leur retour d’un voyage lors de la semaine de relâche, en mars, afin de régler quelques affaires avec la Ligue. À leur arrivée, ils devaient être accueillis par des membres du Temple de la renommée, qui aurait alors informé Henry de son admission au Temple de la renommée du football canadien en 2020. Tout devait être filmé pour archiver ce moment heureux, drôle, et peut-être même viral.

Alors que les préparatifs allaient bon train, la pandémie de la COVID-19 a mis un frein à ce plan.

« Nous ne sommes jamais partis en vacances », a dit Nicole. « Puis, nous avons été placés en quarantaine. »

Au cours des derniers mois, le plan a été revu et grandement modifié. Damon Allen a enregistré un segment pour informer Henry de son intronisation au Temple, puis Henry a vu la vidéo chez lui, en compagnie de Nicole et de leurs garçons Barron et Armand. Les trois ont réussi à garder cet important secret pendant tout ce temps.

Comme la plupart des plans élaborés en 2020, ceux de la famille Burris ne se sont pas déroulés comme prévu, mais le résultat a tout de même été bon.


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« Le fait que l’on me présente cet honneur, et par (Damon Allen), ce garçon de la Californie qui est passé par les mêmes expériences que moi. Il a amorcé son séjour au nord de la frontière en Alberta, puis il a appelé le Canada son chez-soi; ça démontre comment les empreintes peuvent être laissées dans le même sable », a dit Burris.

« D’avoir un gars qui m’a aidé et qui m’a dirigé dans la bonne direction tout au long de ma carrière, de l’avoir présent de cette manière… et tout ce temps, je l’écoutais parler alors qu’il portait son veston du Temple de la renommée. »

« J’ai remarqué les logos, mais je me disais qu’il allait y avoir une blague, ou quelque chose du genre. Dès qu’il a commencé à parler du garçon de l’Oklahoma… C’est à ce moment-là que les larmes ont commencé à couler. Puis j’ai vu Mark DeNobile; dès qu’il se pointe le bout du nez, on sait que quelque chose de bien est sur le point d’arriver. »

« Aussitôt que tout cela est arrivé, les larmes ont commencé à couler. Pendant toute la vidéo, je me disais que ma famille était déjà au courant de tout. Ils m’ont réellement bien eu. »

Dans la vidéo, Nicole souligne à la blague qu’il n’y a que le football qui réussit à faire pleurer son mari.

« Ç’a été un moment fort en émotions », dit-elle en parlant du moment où elle a vu son mari apprendre la nouvelle.

« Le regarder, le surprendre, puis regarder sa réaction et le voir se sentir autant apprécié. Parce que bien des fois… Les gens ne se rendent pas compte que même si un joueur a connu une belle carrière, pendant qu’il joue, il n’a pas la possibilité de vraiment apprécier cette carrière. Vous ne pouvez pas regarder en arrière et réfléchir en même temps que vous compétitionnez tous les jours. »

« Être en mesure de vivre maintenant, dans le positif de toute cette expérience, était incroyable. Après tout le sang, la sueur et les larmes, après ceci et cela, ils ont vraiment apprécié mon travail? C’est très gratifiant. »

La famille Burris à la Place TD d’Ottawa lors de la cérémonie de l’ajout du chandail d’Henry au Temple de la renommée du ROUGE et NOIR en 2017 (La Presse Canadienne)

Pour plusieurs d’entre nous, Henry Burris sera à la tête d’affiche de cette cuvée du Temple de la renommée du football canadien. Mais comme de nombreux joueurs de football vous le rappelleront alors qu’ils construisent ces carrières dignes de la consécration, ils ne le font jamais seuls. Au début et à la fin de la conversation ayant permis la rédaction de cet article, Burris a mentionné les personnes qui font leur entrée avec lui dans le Temple de la renommée. On voit qu’en même temps qu’il s’établissait au Canada pour bâtir sa carrière et pour fonder une famille avec Nicole, il portait attention au football qui l’entourait. Il a parlé en détail de chaque personne qui sera intronisée en 2020 avec lui.

L’année 2020 est potentiellement la plus étrange de la plupart de nos vies. Il n’y aura pas de véritable intronisation en personne, pas de discours derrière un podium et devant des amis, des membres de la famille, des coéquipiers, des entraîneurs et d’autres membres du Temple de la renommée. Peut-être que cette situation lie cette cuvée différemment que les autres auparavant.

« Quand vous regardez ce groupe qui fait son entrée, quand vous regardez le laps de temps que couvre la cuvée et quand vous regardez l’impact de ces intronisés, c’est incroyable », a-t-il dit.

« Des gens qui ont été incroyables dans les rangs universitaires, des gens qui ont su créer et construire, surtout dans les Maritimes. Vous regardez des joueurs comme Greg Vavra ou un bâtisseur comme Larry Uteck, et, bien sûr, un gars qui pour moi était l’une des je dirais plus grandes forces dévastatrices à affronter en Fred Childress. »

« Les gens ne se rendent pas compte que même si un joueur a connu une belle carrière, pendant qu’il joue, il n’a pas la possibilité de vraiment apprécier cette carrière. Vous ne pouvez pas regarder en arrière et réfléchir en même temps que vous compétitionnez tous les jours. »

– Nicole Burris à propos du moment où elle a vu son mari Henry apprendre qu’il serait admis au Temple de la renommée du football canadien

Nicole Burris (la femme d’Henry) et leurs deux enfants célèbrent avec la Coupe Grey à Ottawa lors de la cérémonie de remise des bagues du ROUGE et NOIR en 2017 (La Presse Canadienne)

La LCF est un petit univers, et Burris sait que si vous y séjournez assez longtemps, vous commencez à voir à quel point cet univers peut être interconnecté.

« Je suis reconnaissant d’être intronisé en compagnie d’un bon joueur de ligne offensive de la Saskatchewan », a-t-il dit à propos de Clyde Brock. « Il est tellement ironique de voir comment la boucle est bouclée. Il a aidé la Saskatchewan à gagner sa première Coupe Grey en 1966, et il a traversé beaucoup d’épreuves dans la NFL avant de venir ici et de connaître du succès, lui qui a été quatre fois sur l’équipe d’étoiles de la LCF. Et, bien sûr, qui a battu la Saskatchewan pour remporter sa première Coupe Grey? C’était Ottawa. »

« La boucle est bouclée en voyant comment j’ai fait partie de l’équipe ayant gagné la première Coupe Grey d’Ottawa (du ROUGE et NOIR en 2016) et comment il a fait partie de l’équipe championne en Saskatchewan, deux organisations fières dans cette ligue. Il y a un beaucoup de fierté attachée à cela et beaucoup d’hommes qui ont aidé à développer certaines des plus grandes franchises qui fonctionnent encore à plein régime aujourd’hui. »

Peut-être que personne n’a autant impacté la Ligue au cours de la dernière décennie que l’ancien entraîneur et directeur général de Burris lors de son passage à Calgary, John Hufnagel. Ce dernier sera intronisé en tant que bâtisseur en 2020.

« Il est l’entraîneur le plus victorieux de notre époque », a dit Burris. « Ses équipes ont botté derrière après derrière. Ce qu’il a aidé à construire (à Calgary) et (les entraîneurs) qu’il a développé aux quatre coins de la Ligue… Les Stampeders devraient être encore dominants pour de nombreuses années. »

D’après un article de Chris O’Leary publié sur CFL.ca.